Compte-rendu de l’animation à Marchiennes (05/07/2020)

Le temps était plutôt incertain au cours de l’après-midi, oscillant entre averses et éclaircies. Les conditions ne s’annonçaient donc pas idéales pour l’observation des insectes. Par chance, le ciel s’est peu à peu dégagé au fil des heures pour laisser place au soleil au moment de la sortie. Ainsi, nous avons pu commencer nos recherches sous une météo plus clémente et agréable !

Notre point de départ se situait sur le parking du terrain de football, où j’avais déjà repéré quelques coccinelles intéressantes dans un jeune Hêtre. L’occasion de présenter la Clé d’identification des coccinelles du Nord – Pas-de-Calais et d’aborder le principe de fonctionnement d’une clé de détermination. Pour une première, le défi était plutôt corsé pour le public ! En effet, les petites coccinelles dont il était question appartenaient à une sous-famille (les Scymninae) dont l’aspect est bien loin de la vision traditionnelle que l’on peut se faire des « bêtes à bon Dieu ». D’aspect noirâtre et velu, et d’une taille comprise entre 1 et 3 mm, ces dernières nécessitent souvent de les observer à la loupe, voire sous loupe binoculaire. Le challenge fut tout de même relevé et avec succès ! L’espèce en question étant suffisamment caractéristique, nous avons parcouru ensemble les différentes propositions de chaque embranchement de la clé pour finalement lui donner un nom : Scymnus interruptus (typiquement avec deux taches triangulaires touchant le bord des élytres). L’autre représentant de cette sous-famille était Scymnus rubromaculatus et nous trouverons par la suite, une autre coccinelle, cette fois bien plus classique : la Coccinelle à sept points (Coccinella septempunctata).

Scymnus interruptus – Par Guillaume Delporte

Nous sommes ensuite passés à la recherche des orthoptères (criquets, grillons et sauterelles) dans des milieux ouverts précédant la forêt (que nous retrouverons aussi à la fin de la ballade, le long de la Voie Verte de la Plaine de la Scarpe). Pour cela, nous avons principalement utilisé le filet fauchoir dans les herbes, ainsi que notre ouïe pour distinguer les stridulations des mâles (bien que ces derniers fussent fort peu enclins à pousser la chansonnette). La première espèce que nous avons rencontrée était localisée dans une zone caillouteuse avec peu de végétation. Il s’agissait d’un criquet aux ailes bleues bordées de noir : l’Œdipode turquoise (Œdipoda caerulescens).

Œdipoda caerulescens – Œdipode turquoise – Par Guillaume Delporte

La plupart des autres espèces se trouvaient dans les espaces plus prairiaux ou dans la végétation de bord de route. En voici la liste complète : la Leptophye ponctuée (Leptophyes punctatissima), le Criquet des pâtures (Pseudochorthippus parallelus), le Criquet duettiste (Chorthippus brunneus), le Méconème tambourinaire (Meconema thalassinum) et la Grande Sauterelle verte (Tettigonia viridissima).

Leptophyes punctatissima – Leptophye ponctuée – Par Guillaume Delporte
Meconema thalassinum – Méconème tambourinaire – Larve – Par Guillaume Delporte

En pénétrant dans la forêt en elle-même, nous nous sommes concentrés essentiellement sur les papillons, tout en évitant de marcher sur la marée de Géotrupes des bois (Anoplotrupes stercorosus) recouvrant les sentier. Nous fîmes de nombreuses rencontres et une observatrice attentive repérera même une Sylvaine (Ochlodes sylvanus) sur une branche en hauteur ! Les autres espèces contactées sont les suivantes : le Citron (Gonepteryx rhamni), le Myrtil (Maniola jurtina), le Paon-du-jour (Aglais io), la Piéride de la rave (Pieris rapae), la Piéride du chou (Pieris brassicae), le Robert-le-diable (Polygonia c-album), le Tircis (Pararge aegeria), le Tristan (Aphantopus hyperantus) et le Vulcain (Vanessa atalanta).

Aglais io – Paon du jour – Par Guillaume Delporte
Maniola jurtina – Myrtil – Par Guillaume Delporte
Polygonia c-album – Robert-le-diable – Par Guillaume Delporte
Vanessa atalanta – Vulcain – Par Guillaume Delporte

Enfin, en toute fin d’animation, nous avons aperçu succinctement une libellule, l’Orthétrum réticulé (Orthetrum cancellatum), et avons fait la connaissance d’un grand amateur de limaces et escargots, le Carabe chagriné (Carabus coriaceus).

Carabus coriaceus – Carabe chagriné – Par Guillaume Delporte

Bien évidemment, tout au long de la promenade, nous avons également pu voir quelques autres insectes en dehors des principaux groupes ciblés, tels que : le Gendarme (Pyrrhocoris apterus), Heterotoma planicornis, la Punaise des baies (Dolycoris baccarum)Clanoptilus elegans, Crepidodera aurata, la Pseudovadonie livide (Pseudovadonia livida) ou le Téléphore fauve (Rhagonycha fulva). Le chant de quelques oiseaux nous aura aussi tenu compagnie tout le long du circuit : Pouillot véloce, Pinson des arbres et Fauvette à tête noire.

À noter quelques absents au rendez-vous, déjà vu sur place, mais que nous n’avons pas eu la chance de retrouver cette fois là, comme : la Coccinelle à vingt-deux points (Psyllobora vigintiduopunctata), la Coccinelle à damier (Propylea quatuordecimpunctata), la Petite Tortue (Aglais urticae) ou le Petit Sylvain (Limenitis camilla).

 

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